TABIN Jean Pierre, TOGNI Carola, FRAUENFELDER Arnaud, KELLER Véréna 2008 Temps d’assistance. Le gouvernement des pauvres en Suisse romande depuis la fin du 19e siècle Genève Publications universitaires romandes
Balayant la période qui va de la fin du XIXe siècle à nos jours, un livre collectif vient de paraître traitant de la construction et l’évolution de l’assistance publique en Suisse.
La première partie retrace la période dans la quelle l’assistance a été crée et l’émergence de la législation sur la protection sociale. Les auteurs structurent leur texte à partir des questions suivantes :
- Pourquoi les lois d’assistance ont-elles émergé ?
- Sur quelles conceptions de la solidarité reposent-elles ?
- Pourquoi ces lois ont-elles été réformées ?
- Quelles sont les populations constituées comme « problème » et cible d’intervention publique ?
- Quels sont les registres interprétatifs mobilisés dans l’analyse de ces problèmes (éthico-moral, psychologique, médical, socio-économique) et en quoi varient-ils ?
La deuxième partie du livre porte sur la période actuelle et repose sur le discours d’acteurs et d’actrices de l’assistance publique : responsables politiques et administratifs, personnel de l’assistance et bénéficiaires.
Comité national d’action sociale 2008 Le conseil international d’action sociale / International Council on Social Welfare (ICSW) 80 ans d’histoire : Years of History Rennes
Presses de l’EHESP
Du 30 juin au 4 juillet dernier s’est réunie à Tours la trente troisième conférence internationale du Conseil international d’action sociale. Cette conférence est l’héritière des conférences internationale de service social, qui sont devenues conférences internationales d’action sociale en 1966.
Se réunissant 80 après la première conférence internationale de service social (Paris 1928), la conférence de Tours a marqué l’anniversaire. Un livre bilingue (français / anglais) retrace l’histoire des conférences et de leur support organisationnel le conseil international d’action sociale (ICSW). Ce livre découpe cette histoire en trois périodes :
- la genèse : 1928 – 1950
- l’ouverture au monde en développement : 1950 – 1974
- l’ICSW à l’échelle mondiale : 1974 – 2008
TETARD Françoise DUMAS Claire 2008 Filles de justice Du Bon Pasteur à l’Education surveillée (XIXe – XXe siècles) Paris Editions Beauchesne
A partir d’une recherche portant sur l’Internat professionnel d’éducation surveillée de Bourges, Françoise TETARD, historienne et Claire DUMAS, ancienne éducatrice à l’IPES de Bourges, retrace les étapes de la prise en charge des « filles de justice » : « ces mineures sont passées devant un juge, elles ne sont pas forcément délinquantes mais elles pourraient l’être, elles ne sont pas forcément prostituées , mais on pense qu’elles sont au bord de l’être ». Dans un premier temps (chapitre 1), au début du XIX e siècle, deux congrégations religieuses recueillent les pénitentes, puis viendra (chapitre 2) l’institution du « Bon Pasteur » qui passe d’Angers à Bourges. Dés la fin du XIXe siècle et jusqu’à l’année 1960, malgré la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905, les établissements du Bon Pasteur, spécialisés dans la prise en charge « des filles perdues et des brebis égarées », ont acquis un monopole pour la prise en charge de ce public. Le chapitre 3 examine la situation des « filles dans le paysage correctionnel » entre les deux guerres tandis que les chapitres 4 et 5 traitent de la période post 1945 au cours de laquelle s’effectue le passage du Bon Pasteur (l’établissement de Bourges est racheté par l’Etat en 1968) à l’éducation surveillée. Des témoignages recueillis par les auteurs complètent ces deux derniers chapitres.
JOVELIN Emmanuel (coordonné par) 2008 Histoire du travail social en Europe Paris Vuibert
Le travail social est né dans la douleur à travers la charité chrétienne et les associations de bienfaisance dans plusieurs pays européens. Il a toujours évolué grâce à quelques pionniers qui se sont sacrifiés pour aider les personnes en souffrance.
Le développement des différentes formes du travail social en Europe suit une logique presque uniforme en fonction des régimes politiques en vigueur et de l’évolution des politiques sociales, mais cela n’a pas été facile. Si dans les pays occidentaux de l’Europe centrale, voire les pays nordiques, il est possible d’évoquer une construction linéaire du travail social, il n’en est pas de même des pays méridionaux où la dictature a souvent interrompu l’élan des pionniers du social. C’est le cas également des pays de l’Europe de l’Est où il a fallu attendre l’effondrement du bloc soviétique pour que les nouveaux gouvernants, confrontés à la fin de l’État providence, puissent développer le travail social. Cet ouvrage de synthèse, destiné aux étudiants, aux enseignants, aux travailleurs sociaux et à toute personne intéressée par l’intervention sociale propose, dans une optique pédagogique, un panorama idéal typique des modèles du travail social en Europe.
DE ROBERTIS Cristina, ORSONI Marcelle, PASCAL Henri, ROMAGNAN Micheline 2008 « L’Intervention Sociale d’Intérêt Collectif. De la personne au territoire » Rennes Presses de l’EHESP Coll. Politiques et interventions sociales
Dans le livre dédié à l’intervention sociale d’intérêt collectif, paru en octobre 2008, le premier chapitre, intitulé « Histoire : des habits neufs pour des pratiques anciennes », retrace l’histoire des interventions collectives (groupe et communauté) dans le travail social en France. Présent des le début du travail social avec les résidences sociales, les interventions collectives se sont surtout développées dans les années 60, après les séminaires de l’ONU, dans de grands services sociaux comme ceux des CAF, de la MSA, de la SNCF et dans les DDASS la mise en place de la polyvalence.
BERNARDOT Marc 2008 Loger les immigrés. La SONACOTRA 1956-2006 Bellecombe en Bauges Editions du Croquant Coll. Terra
Les foyers SONACOTRA sont devenus emblématiques de l’immigration de travail en France. Ce sont ces foyers que Marc BERNARDOT a entrepris d’étudier dans une approche socio- historique à partir d’entretiens, d’enquêtes de terrains et d’étude des archives de leur création à leur transformation en ADOMA. La Société Nationale de Construction pour les Travailleurs a été créée, comme société mixte, à l’initiative du ministère de l’Intérieur au cours de la guerre d’Algérie. Sa création répondait à un double souci : loger les travailleurs immigrés et surveiller les algériens. L’entreprise s’est imposée dans les années 1960 comme le laboratoire de l’habitat social, incontournable pour détruire les bidonvilles et réhabiliter les centres urbains, loger les ouvriers étrangers de l’industrie, des grands chantiers et des villes nouvelles. La SONACOTRA est ainsi devenue un acteur central de la politique d’immigration et a développé un modèle de contrôle social séparé pour les immigrés des anciennes colonies. Implantée nationalement, elle a construit et géré non seulement des foyers pour célibataires, mais aussi des cités d’accueil, des centres d’urgence, et des HLM pour les familles, jusqu’à devenir un des premiers opérateurs de logement social en France.
Dans les années 1970 ce modèle paternaliste, et avec des traits de racisme, entre en crise : il est remis en cause par une mobilisation prolongée et massive des résidents et locataires. Au cours des années 1990 les foyers ont été intégrés dans les politiques de lutte contre l’exclusion et d’accueil des demandeurs d’asile. Malgré ces transformations récentes, les foyers de ce qui est aujourd’hui l’ADOMA restent des lieux centraux de vie des immigrés.
ROLLET Catherine 2008 Les carnets de santé des enfants Paris La Dispute Coll. « Corps santé société »
Historienne de la protection de l’enfance, C. ROLLET, dans un nouvel ouvrage, décrit la genèse et l’évolution du carnet de santé des enfants. Créés au milieu du XIXe par des médecins pour inciter les mères à changer de comportements avec leurs enfants en bas âges, ces carnets de santé se multiplient, sous des formes diverses, pendant la troisième République. A partir d’un corpus de carnets remplis allant de la fin du XIXe siècle à 1939, C. ROLLET montre les différents aspects et usages de ces carnets, usage médical visant à lutter contre la mortalité infantile, usage des mères qui remplissent ces carnets et donnent ainsi témoignages des pratiques maternelles. Très hétérogènes au départ, les carnets de santé sont unifiés par l’Etat en 1939, sous un modèle unique, modèle qui deviendra obligatoire en 1942.
L’auteur interprète l’évolution du carnet de santé comme une désappropriation progressive des mères au profit des acteurs de la santé publique.
CARBONNIER Youri 2008 Les premiers logements sociaux en France Paris La Documentation Française
« Les concentrations de population induites par la révolution industrielle posent très tôt la question du logement ouvrier. Face aux conditions de vie déplorables de familles entières, entassées dans des taudis, au bord du gouffre de la misère et sous la menace des épidémies, des voix s'élèvent. Des industriels d'abord, à Mulhouse et ailleurs, puis des hommes de l'art, enfin des philanthropes férus d'hygiène constituent un mouvement qui vise à améliorer l'habitation ouvrière. La dernière décennie du XIXe siècle consacre l'essor de ce qu'on appelle désormais les habitations à bon marché, qui sont aussi les premiers logements sociaux, suivant le principe que tout travailleur a droit à un logement décent et sain, gage de son bien-être et de son insertion sociale. Les initiatives se multiplient, prenant la forme de sociétés anonymes ou coopératives ; un bouillonnement d'idées et d'expériences qui se sont concrétisées par des constructions variées, de la maisonnette individuelle à l'immeuble collectif. Quelques traits communs cimentent ces réalisations : des matériaux solides et sains, bien qu'économiques, un soin particulier pour la distribution des logements, progressivement dotés des meilleures avancées de l'hygiène (douches ou lavoirs) et parés d'un décor sobre mais élégant qui veut témoigner de la dignité des habitants. » (la documentation française). L’ouvrage de Youri CARBONNIER retrace ce premiers pas du logement social en France.